2025, troisième année consécutive de recul pour le bâtiment. "Le chiffre d'affaires du secteur abandonne 4 % en 2025 hors effet prix", rappelle Olivier Salleron. En cause, encore et toujours : le logement neuf, que la Fédération n'hésite plus à surnommer "le mal aimé de la République". L'amélioration des conditions de crédit, le plan de relance d'Action logement et de la CDC Habitat et le ré élargissement du PTZ ne seront pas suffisants pour compenser la chute. Ainsi, cette année, la construction de logement neuf accusera une baisse estimée à 8,8 %. Dans le non résidentiel, ce n'est pas tellement plus reluisant : -6,6 % en 2025…
Autre gros sujet d'inquiétude : les activités de rénovation, notamment énergétiques qui se réduisent encore cette année avec une baisse de 1,1 %. Les raisons en sont connues avec en première ligne, les stop and go autour de MaPrimeRénov'. "Nous avons besoin, a minima, d'un plan quinquennal. Nous appelons à une réflexion globale car les opérations et le secteur sont à bout de souffle. Il faut sortir de ce flou permanent depuis plusieurs mois."
Résultats, l'activité bâtiment dans sa globalité devrait baisser de 4 % en 2025. Avec comme conséquence, une nouvelle perte de 20 000 emplois. Pourtant, la FFB souhaite garder son optimisme et prévoit un léger rebond pour l'année prochaine, notamment dans l'individuel. "Nous envisageons une légère hausse de 1,8 % mais si et seulement si un budget est voté." Et pas n'importe quel budget. Et pas n'importe quelle mesure. "Le statut du bailleur privé mis en place doit être véritablement incitatif, contrairement à celui actuellement dans les tuyaux. Nous déplorons notamment le fait que le gouvernement ait transmis aux sénateurs des chiffres erronés qui ont valu au statut d'être vidé de sa substance."
Autres préconisations de la fédération professionnelle : ramener la Réduction de loyer solidaire (RLS) de milliard d'euros à 900 millions d'euros pour débloquer les opérations déjà en cours de commercialisation, maintenir le Fond vert et le financement public de l'apprentissage. Sans oublier, évidemment, la REP qui fait monter la colère au sein des entreprises de construction et l'envolée des délais de paiement sur les marchés publics qui plombent les trésoreries et augmente le risque de défaillance d'entreprise.
La FFB attend beaucoup de la Commission mixte paritaire qui doit se tenir vendredi pour débloquer une situation toujours préoccupante.