L’extension de la pépinière d’entreprises de Saint-Michel produit sa propre électricité grâce à un procédé inédit d’autoconsommation. La mise en œuvre de modules PV en toiture est au cœur du système.

À quelques kilomètres d’Angoulême, la pépinière de Grand Girac de Saint-Michel s’est muée en Technoparc depuis l’agrandissement de ses locaux de près de 1 800 m². Désormais baptisé Kryzalide, ce lieu d’accueil et d’accompagnement d’entreprises innovantes et de start-up propose des bureaux supplémentaires, des espaces dédiés au coworking, à l’événementiel et à la restauration ainsi que des ateliers de fabrication. Conçu par l’agence Greenwich0013, le nouvel ensemble s’installe en prolongement de l’existant. « Le projet est structuré pour favoriser la synergie du travail et son interactivité », expliquent ses architectes.

Destiné à encourager et promouvoir l’innovation et l’expérimentation, le nouveau bâtiment applique également ce principe. À énergie positive (Bepos) et labellisé Effinergie +, il intègre un procédé jusque-là inédit de production électrique générée par une pile à hydrogène. Le principe : cette dernière consomme de l’hydrogène et de l’oxygène et rejette de l’eau. Ce système, développé par le CEA Tech et la société Nexeya, est alimenté par 400 m² de panneaux photovoltaïques mis en œuvre par l’agence Poitou-Charentes de l’entreprise Smac sur les toitures-terrasses. L’énergie produite est autoconsommée et peut également être stockée.

Calepinage et orientation des modules

Pour garantir une production d’électricité optimale tout en préservant les chemins de circulation imposés et l’intégrité des lignes de vie en toiture, le calepinage et l’orientation des modules étaient déterminants. « C’est pourquoi ils sont inclinés de 10 ° est-ouest pour profiter au maximum des apports solaires », explique Sébastien Wattellier, chargé d’affaires régional pour l’entreprise. Les deux pans sont liaisonnés au support via un système spécifique. À sa base, une platine aluminium est fixée mécaniquement au support. « Sur l’élément porteur en béton, le procédé d’étanchéité est composé d’un pare-vapeur, d’une isolation en polyuréthane classée C de 230 mm d’épaisseur mise en œuvre en deux lits (110 + 120 mm) et d’un complexe bicouche bitumineux. » Un plastron bitumineux armé est soudé en plein sur l’étanchéité et recouvre ainsi la platine. Ses fixations sont équipées d’une glissière permettant d’accueillir un pontet pour faciliter les réglages. La finalisation de la pose des modules photovoltaïques est réalisée par serrage d’une bride aluminium. « Chacun des 364 modules est ainsi fixé sur quatre attelages de ce type », précise Frédéric Hardouin du bureau des méthodes de l’opération.

Les surfaces de toitures non-photovoltaïques ont, quant à elles, été traitées selon le même procédé excepté la membrane supérieure du complexe bicouche bitumineux qui est ici autoprotégé et de couleur gris clair. l

Une façade numérique

Le bardage du nouveau bâtiment du Technoparc d’Angoulême a été conçu pour « s’apparenter à un écrin, une forme de chrysalide « technico culturelle », expliquent les architectes de l’agence Greenwich0013. Cette peau métallique reprend l’interprétation du dessin des algorithmes de formules mathématiques : la matrice ». Elle participe également aux besoins de l’ouvrage en matière de protections solaires et de la répartition des ombres et des lumières.

Les intervenants

Maître d’ouvrage : Grand Angoulême

Architecte : Greenwich0013

Entreprise d’étanchéité : Smac (agence Poitou-Charente)

Les produits

Procédé photovoltaïque : Surfa 5 Solar NT (Axter)

Complexe d’étanchéité sous photovoltaïque : Axter

Isolant  : Knauf

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