L'Observatoire des métiers du BTP a réalisé une étude sur les fonctions d'encadrement de chantier et d'atelier. Elles occupent une place stratégique dans l'organisation des entreprises mais les difficultés de recrutement persistent et les compétences ne sont pas toujours en ligne avec les besoins. L'organisme propose des solutions.

 
 

Dévoilée à l'occasion de la journée de l'Observatoire des métiers du BTP du 25 novembre dernier, cette étude a été réalisée "dans un moment charnière de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, de transformation des compétences, d'exigences accrues liées aux transitions écologiques et numériques et de percée progressive de l'intelligence artificielle. Elle permet de mieux cerner les dynamiques en cours et d'identifier des leviers concrets pour renforcer l'attractivité des métiers, structurer les parcours professionnels et répondre aux défis à venir".

160 000 encadrants de chantier ou d'ateliers ont été recensés en 2023, soit 8 % des effectifs du bâtiment. Un chiffre qui progresse, notamment chez les conducteurs de travaux ( + 30 % entre 2017 et 2023). Si la tendance devrait se maintenir d'ici 2030, "les difficultés de recrutement persistent : au moins 70 % des entreprises déclarent rencontrer des tensions".

Sur la question des profils et des parcours, deux catégories se distinguent : chefs d'équipe et d'atelier ont généralement bénéficié d'une promotion interne tandis que "les postes de chef de chantier et de conducteur de travaux requièrent majoritairement une formation supérieure". Le recours à l'alternance est souvent utilisé par les grandes entreprises.

Enfin, question besoin en formation, "ils se concentrent sur des compétences transverses de plus en plus critiques", tels que le management, le pilotage de la qualité ou encore la transition écologique et le numérique. Des problématiques pas assez abordées dans l'offre actuelle, centrée essentiellement sur la prévention et la sécurité.

Pour mieux adapter les compétences aux besoins, l'observatoire propose de :

- valoriser les métiers d'encadrement auprès des publics cibles à travers des formats accessibles (vidéos, témoignage…) ;

- développer les formations plus souples et mieux adaptées aux réalités du terrain ;

- élargir les compétences travaillées, au-delà des seules obligations réglementaires ;

- rendre l'offre de formation plus lisible et plus accessible.