Le groupe Xerfi, qui réalise des études économiques sectorielles, vient de publier une étude dédiée au PV français et aux stratégies pour préserver la croissance face au recul du soutien public et aux contraintes du réseau. Car, d'après l'organisme, après la forte croissance, c'est une période d'inflexion qui se profile. Explications.

 
 

Après les 5 GW raccordés en 2024, "un cap historique", rappelle Xerfi, le marché devrait connaître "un net retournement de tendance" et "repasser sous la barre des 5 GW en 2026 pour s'établir autour de 4,8 GW par an à l'horizon 2030". Serait en cause : la baisse rapide du soutien public avec "des tarifs de rachat des surplus divisés par trois pour les installations résidentielles de moins de 9 kWc et de 13 % sur le segment des 100-150 kWc en 2025", alors même que ce dispositif est à l'origine du développement du solaire dans le pays. L'instabilité institutionnelle actuelle et les incertitudes politiques, on s'en doute, n'aident pas non plus au lancement de projets. Sans oublier, pour installations au sol, les contraintes liées à la mise en œuvre de la Zéro artificialisation nette (ZAN) et au durcissement des règles de défrichement. "Dans ces conditions, la croissance du parc, qui atteignait près de 25 % par an entre 2020 et 2025 devrait ralentir à environ 12 % d'ici 2030."

Jouer la carte des toitures

La solution se trouverait sur les toits et les ombrières de parking. "Ils sont notamment portés par les obligations réglementaires pour les bâtiments résidentiels de plus de 500 m² et les parkings de 1 500 m². Nous anticipons d'ailleurs une croissance annuelle supérieure à 20 % sur le segment des moyennes puissances", précise Damien Callet, directeur d'études chez Xerfi.

En parallèle, la réduction des soutiens devrait se traduire par des modèles fondés sur les PPA, l'autoconsommation et le stockage par batteries. "À la mi 2025, seules 2 % des installations françaises en autoconsommation étaient couplées au stockage, signe d'un important gisement de valeur encore inexploité."