Destinée à réduire les ponts thermiques en toiture, l'isolation des relevés est de plus en plus courante depuis l'application de la RT 2012. Le mode de mise en œuvre de cette solution dépend de la nature de l'élément porteur et du relief.

Depuis la mise en application de la RT 2012, les exigences thermiques imposées au bâtiment généralisent la mise en œuvre d'une isolation des relevés de toitures-terrasses étanchées, dans le cas d'isolation thermique par l'extérieur des façades, quelle que soit la nature de l'élément porteur. Cette solution constructive permet en effet de réduire significativement les ponts thermiques.

Les procédés décrits dans les NF DTU de la série 43 ayant été définis avant la mise en place de l'actuelle réglementation thermique, ils ne sont pas toujours adaptés aux nouvelles pratiques induites par les exigences importantes de performances énergétiques des bâtiments. « Avant la RT 2012, il n'y avait aucune obligation à traiter les ponts thermiques, explique Lise Boussert, déléguée technique de la Chambre syndicale française de l'étanchéité (CSFE). Ce n'est plus le cas aujourd'hui. » C'est pourquoi la CSFE a (ou va) publié (er) plusieurs documents intégrant des variantes aux solutions des NF DTU permettant aux maîtres d'œuvre et aux étancheurs de proposer des solutions fiables, efficaces et adaptées à la configuration de leur chantier. Sont ainsi parues en juin 2017 les « Recommandations professionnelles n°7 pour la conception de l'isolation thermique des toitures-terrasses et toitures inclinées avec étanchéité et élément porteur en maçonnerie », complétant pour l'élément porteur maçonné, les Recommandations professionnelles CSFE n°4 de 2012. En 2018 sortiront les Recommandations professionnelles n°8 sur la conception de l'isolation thermique des toitures étanchées avec élément porteur en tôles d'acier nervurées.

TROIS PRINCIPES

De manière générale, l'isolation thermique des relevés de toiture-terrasse doit répondre à trois principes :
- les acrotères ne sont isolés sur leur face intérieure que si la façade est elle-même isolée par l'extérieur ;
- la résistance thermique de l'isolant n'excède pas R = 2 m².K/W. Au-delà, les bénéfices sur la réduction des ponts thermiques ne sont pas significatifs. En outre, plus l'épaisseur d'isolant est importante, plus le matériau sera difficile à faire tenir en relevé ;
- la nature de l'isolant mis en œuvre en relevé sera de la même classe de compressibilité que celle de l'isolant de partie courante.

UN CHOIX EN FONCTION DE L'ELEMENT PORTEUR

En pratique, le mode de mise en œuvre de cette isolation dépend de la nature de l'élément porteur : tôles d'acier nervurées (TAN), bois ou panneaux à base de bois, ou béton.

- Elément porteur en TAN
Le NF DTU 43.3 est, à ce jour, le seul document de référence applicable. Les dispositions décrites sont plutôt succinctes. L'isolation thermique est réalisée soit directement sur les costières métalliques, soit par calfeutrement entre la costière et la paroi verticale. Lorsque le relevé présente une hauteur inférieure ou égale à 30 cm, la membrane d'étanchéité est fixée par collage à l'EAC ou mécaniquement. Si la hauteur est comprise entre 30 et 60 cm, la fixation de l'isolant est systématiquement mécanique. Les relevés dont la hauteur dépasse 60 cm ne sont pas visés par le NF DTU.
Les prochaines RP n°8 devraient proposer plusieurs types de solutions, validées notamment par des calculs thermiques effectués par le CTICM.

- Elément porteur en bois ou en panneaux à base de bois
Les toitures avec élément porteur en bois comportent des reliefs constitués par des costières métalliques ou en bois ou contreplaqués. Le NF DTU 43.4 rappelle les principes de base de leur isolation, précisant notamment le mode de fixation de l'isolant en fonction de la nature du relief :
- dans le cas de costières bois ou contreplaqués : la fixation est réalisée à travers l'isolant exclusivement par vis et plaquettes ;
- dans le cas de costières métalliques : la fixation est réalisée par vis autoperceuses avec plaquettes ou rivets à expansion avec plaquettes. Dans tous les cas, l'isolant sera soudable.

Ces éléments peuvent être complétés par les préconisations RAGE parues en juillet 2014 sur « l'isolation thermique des sous-faces des toitures chaudes à élément porteur en bois ». Elles restent néanmoins limitées. La révision du NF DTU 43.4, actuellement en cours, et la prochaine parution d'un calepin de chantier réalisé dans le cadre du programme PACTE devraient permettre la mise à jour de ces solutions en adéquation avec les exigences thermiques actuelles.

- Elément porteur en béton
Le NF DTU 43.1 et les RP n°7 de la CSFE sont les deux documents de référence applicables à l'isolation thermique des reliefs des toitures étanchées avec élément porteur en béton.

Le texte normatif vise exclusivement les isolants soudables et les revêtements d'étanchéité en bitume SBS et asphalte (voir schéma 2). Il précise que la mise en œuvre d'un pare-vapeur en relevé n'est obligatoire que dans le cas où le relief est en contact de locaux à très forte hygrométrie. Les panneaux isolants sont collés ou fixés mécaniquement lorsque le relevé dispose d'une hauteur inférieure ou égale à 30 cm. Lorsque cette hauteur dépasse 30 cm, les panneaux sont fixés mécaniquement uniquement (voir tableau). Les relevés dont la hauteur est supérieure à 1 m ne sont pas visés.

Les RP présentent en plus, des solutions avec membrane synthétique (voir schéma 3) et isolants non soudables (PIR, PUR, PSE uniquement avec membrane synthétique). Par exemple, en cas d'isolant non soudable associé à un revêtement bitumineux, une sous-couche auto-adhésive sera positionnée sur l'isolant de relevé afin de recevoir la membrane. Elles proposent également des variantes aux procédés du DTU avec par exemple, la possibilité de mettre en œuvre l'isolant de relevé au-dessus de l'isolant de partie courante (voir schéma 1). L'isolant de partie courante conservera son compartimentage.

À noter que les relevés de terrasse jardin ne seront traités qu'avec un procédé d'isolation inversé

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